La mort d’Alain

Vendredi 7 Février 2020

Presqu’un an sans écrire. J’ai de Coiff’hair.

Mon poteau est mort, mon poteau SLA. Tonton laisse beaucoup de neveux seuls (dont Edwige. Edwige Neveu). J’ai grave les boules. Plus envie de rien. Pas de 3D depuis cette nouvelle, c’est dire. La melon-coolie étant propice à l’inspiration, je reprends ”la plume”, soit la poursuite oculaire qui me fracasse la tête, tant je l’utilise. Roberto, mon voisin, est mort de la SLA y’a deux mois. Me v’là seul rescapé à Cotignac. La mort d’Alain m’a terrassé. Comme dit Mimi, –On ne sait rien, demain c’est peut-être notre tour. Profite ! On ne sait jamais… Et elle a fichtrement raison. Aqua bon se casser le cul à essayer de tout gérer dans une vie ? Ebè, à riéng !

Donc, envie d’écrire. Sam revient. J’attaque dans le vif.  Djirect à caisse je veux dire.

J’attire votre attention sur cet état de fait : la pollution de notre planète est la faute de ces cons de handicapés qu’il faut hydrater en perfusions sous-cutanées (pour être dans le coup, dites : Perf Soukutt). Et voui ! Je m’esplique. Chaque jour une ”piquerine” vient me m’installer une perf soukutt qui se compose de 500 Grammes d’eau (H2O), et de 70 Grammes répartis en HUIT sortes de plastiques JETABLES. Chaque jour.  Y sufi-di muti-plier. Donc, à raison de 6 fois par semaine (oui, je bois peu… d’eau), et 50 semaines… ça nous fait… VINGT ET UN KILOS de plastoc non recyclable à l’année ! Y’a rien là ?

Soucieux de recycler, ne sresk les teuyos, j’ai demandé que l’on conserve les tubulures : pouvant servir à des durites (tubes) pour essence sur les mobylettes des minots. Mais au quatrième jour, on avait assez de durites pour les trois prochaines générations. Je vois encore à quel point les marocains, les indiens, et tous les « pays en voie de développement » sont ingénieux à recycler tout pour fabriquer, re-fabriquer ou réparer toute sortes de machines. Si on compte deux mètres de tube par poche, ça nous fait UN KILOMETRE deux cents de durites à hydrocarbure que JE (MOI, MON CON) jette par an. De quoi réparer VINGT CINQ MILLE carburateurs de tronçonneuses ! –Y’a riéééng là !?!?, Howe !!!

J’entends encore dire Aline (infirmière au long cours et amie de 45 ans) : –Dire que j’ai connu les ”poches” en verre ! …  Elle disait cela en référant à son âge -soi-disant ”avancé”, alors qu’elle n’a RIEN perdu de sa superbe ! -, mais sa phrase prend tout son sens, si on considère le postulat de départ. Un sens d’éco-citoyenneté.

J’ajoute que chaque intervenant.e (de ce triste spectacle) vient en vésicule à moteur thermique, 90% Diesel. Je me tairai sur la beau-minable “tendance SUV” (Sport Utility Vehicle : un acronyme digne d’une authentique injonction paradoxale !), dont la mode fait un meustave[1] !  C’est tellement dans le coup, du coup, que l’on ne dit plus UNE voiture, mais UN suve, UN crossover… Changement de sexe automobile.

Alors, oui, c’est les légumes de ma sorte qui polluent la planète de bleue que défendait Jamy[2]. Cela, Greta Thunberg (montagne de thunes) ne l’a pas encore réalisé. N’ayez plus de scrupules devant vos coton-tiges et votre vaisselle jetable. Accusez les tétras déshydratés du bocal ! Nous SOMMES pollueurs ! Cons d’aandjicapés !

J’en profite pour parler de notre nouvelle porte-fenêtre de cuisine. Perqué ? Parce qu’elle est en plastoc : du PVC (Plastoc Very Crado), non recyclable. Alors, certes, il faut vivre avec son temps. Dans ce cas précis, ”vivre avec son temps” signifie accepter le LAID, les polluants sur le prétexte du ”mieux”. –Le plastique ça travaille pas disait le vendeur-mesureur. Il y a plus de surface vitrée, et c’est isolant, ajoutait-il. Imparable. Mais nous sommes de simples locataires, donc, pas un mot à dire. L’installation se fit en trois heures au grand maximum. Pas le temps de faire les choses bien comme à l’époque des anciens. On y met des ”produits” à gogo. Le fourgon est rempli de cartouches de ”produits” : silicones, et autres polyuréthanes, acryliques et tout ce que l’industrie pétrochimique offre de pire. On se fixe sur le cadre bâti par les anciens : ça c’est du boulot ! Les marteaux-piqueurs et truelles/gamattes ont disparu de l’outillage des installateurs, car maintenant il y a des ”produits”. Bref, nous v’là équipés d’un double vitrage ”aux normes”. Hyper important dans une maison de campagne bâtie au 19e siècle avec les pierres du champ. La porte fait au moins dix centimètres d’épaisseur. Plus laid tu meurs. Au sol, bien sûr, un profilé métallique immuable qui fait chier le passage du fauteuil roulant. Mais c’est ”mieux”. Mieux mes couilles ! Adieu charme des petits carreaux. Le chat hallucine tant il a l’impression de manger dehors, en présence d’éventuels prédateurs. Et nous aussi. Bon, ça n’a rien à voir avec le débat, sisneck le plastique, les ”produits”, AINSI que le double vitrage non démontable finiront sur la montagne de Wall-e au Balançan (nom propre idoine !), Cannet-des-Maures, Var.  Non, à Septèmes-les-Wallons (Bouches du Rhône) plutôt. Car, après 44 ans x DEUX CENTS MILLE TONNES annuels, Mister Francis Pizzorno, après s’être fait les couilles en or-massif, a décidé d’arrêter le massacre. Donc, seul, le métal démonté manuellement de cette porte-fenestre finira recyclé. Ou pas. Mais, c’est ”mieux”. Allez, j’arrête.

Tout ceci pour dire que j’aspire à une réflexion sincère de VOTRE part à :

-Comment ne PLUS polluer, et RECYCLER les fournitures aux patients.

Pas de… –Je n’y peux rien moi…, ni -Ce sont les industriels… ! En 2010, les DIX NEUF MILLIONS restants de vaccins commandés par Roselyne Bachelot (avec ses Crocs roses à l’assemblée -respect !) ont finis broyés et incinérés… Bonjour le recyclage ! Et je me rappelle encore mon appendicite où j’étais sidéré du plastique jetable des hôpitaux. J’ai souligné le problème à Hendaye (pareil : calcul des barquettes jetables – souvent pleines ! et l’Afrique de crever de faim !). On m’a répondu, -T’as raison, mais c’est comme ça. En d’autres termes, fermes ta gueule, con d’indépendant écolo-marchiste ! C’est certain, il y avaient eu au paravent, quelques courriels à la sauce iOllie sur le fonctionnariat… 🙂

Si, CHACUN.E balaye devant sa porte…  ébè, moi je vendrai des balais 🙂 Si chacun.e réfléchit à ce problème, ce sera déjà très bien, et mon texte ne sera pas vain. Voilà, les pieds dans le plat, cash-moumoute.

Alors, quoi’d neuf ? –Oui, j’ai un Quad neuf…

J ’ai, depuis mon séjour à And’eye, cherché comment faire pour avoir un lève-personnes à rail chez moi. Ce truc est formidable et permet une manipulation aisée de mon corps mort pendouillant. Alors cherche/trouve sur le ouèbe : un installateur ”ergo” proposant des rails cintrés. Ma pièce est biscornue : un rail cintré sinon rien. Epi, c’est nettement plus beau qu’un rail droit. Un pro se déplace, avec sa blonde bonasse[3] secrétaire pour tenir l’iPad avec les vidéos déjà vues, tu penses bien. Finalement, sorti des chambres parfaitement parallélépipédiques à plafonds normalisés, le pro, débordé de demandes ”classiques”, botte en touche[4]. Il me propose néanmoins un bras mural articulé. Pas glop. Pas MON glop. MAIS, ce gars m’a donné une idée, et je l’ai remercié pour sla : je vais concevoir une grue pour légumes mous-pendouillants, moi même ! Euréka !

C’est donc devenu mon plus gros projet de CAO : ma nouvelle passion. (CAO = Confepfion Afiftée par Ordinateur).

Là, j’ouvre une parenthèse, car je sais que depuis AVRIL 2019 je me suis tellement investi dans cette passion, que mon entourage s’en soit inquiété ! Oui, j’avoue, je vous ai laissé sans nouvelles. Combien m’auront écrit un courriel, inquiets ? Je les compte sur mes orteils… du pied droit. Et je les cite, car eux, ils méritent : Pit n°1, Ybeuz, Nick Dessle, lecteur américain, ma mère et Madeleine. Les autres, allez-vous rhabiller. Alors, comme dit mon amie photographe, Bérénice Lemon –T’as pas écrit, mais nous on t’a pas écrit non plus. Juste. Bon, un partout, Laval au centre. Donc, pour revenir à mon mouton (à poil les nœuds !), finalement, jeune-féksa : de la Troidé. J’ai progressé, selon mes maîtres : le génial Olivier Lecompte, et le perfide Pierre Leduc. J’ai découvert récemment le ”Cloud Rendering”, soit rendu en nuage. Attends, j’tesplique. La CAO se fait avec un logiciel, le rendu avec un autre logiciel. Donc, le premier (Sketchup Pro2020 chez moi) sert à : 1- dessiner/concevoir en trois dimensions, 2-texturer (mettre une peau sur un visage, un chrome sur un échappement, un crépi sur une façade, etc.), 3-animer, le cas échéant. Lorsque vous regardez un film d’animation de Pixar, vous n’avez pas idée du travail en amont que cela représente ! C’est monstrueux !

Le second logiciel sert à ”rendre” tout cela le plus réel possible. Stadirk ce programme va permettre d’ajouter des lumières, qui vont créer des ombres et transparences, des ”objets” virtuels comme la fourrure ou des cheveux, des atmosphères en fonction de l’endroit et de l’heure (air pollué de Hong-Kong, lever de soleil sur les calanques…). Et, après moultes opérations, te « rendre » un (des) fichier(s) au format image. Bref, celui-là, il nécessite beaucoup de puissance de calcul, et donc, vaut cher. Pour cela, je pirate ce logiciel depuis cinq ans, non par radinerie, mais par plaisir. Bon c’est vrai qu’une licence à 990 €, c’est horde-prix, et cela m’agace. Donc, tank leur robot n’y voit que du feu, je gruge. En tant que ex-bad-boy motard/cheveux longs/zicoss/stakhanoviste de la séduction, il y a une part de plaisir à rester mauvais garçon, aandjicapé. Sétinsi, on ne se reufépa. Donc, ce dernier logiciel : un “moteur de rendu”, est maintenant disponible au Claou[5] de Rendeuring. Le ”nuage” pour les indécrottables réfractaires à l’informatique, ce sont des serveurs (gros zordis) distants et interconnectés. Donc, une puissance LARGEMENT supérieure en calcul et en stockage qu’un pauvre ordinateur personnel. Donc, tu envoies ton fichier de données exportées de la.les scène.s, et le gros zordi y bosse, pendant que toi, tu vaques à (Lionel Vacca) d’autres occupations. J’aurai réussi, non sans fierté et me fendre la pipe, à planter le gros ordinateur avec ma fourrure de chat réglée au mac-simom ! Bon, faut dire que je suis du genre ”cherche-la-merde”, et considère toujours, qu’une machine est faite pour être exploitée. Entretenue, avec soin, mais exploitée. Donc, j’avais réglé sur UN MILLIARD de poils par face. Ledit chat faisant environ 670000 faces…

Moralité : nul besoin d’avoir un nordi surpuissant. J’ai aussi découvert les services d’impression 3D en ligne. Le mot impression n’est pas exact, puisqu’en fait, on réalise l’objet pour toi, dans la limite des tailles possibles. Des matériaux différents sont proposés, allant du bois au métaux précieux, en passant bien sûr par une foule de matières plastiques. De quoi enterrer les « imprimantes 3D » personnelles minables n’offrant qu’un rendu moyen ressemblant à du fil fondu. J’ai donc fait réaliser plusieurs objets, dont un dessous de plats / puzzle découpé dans de l’acier massif de 20mm d’épaisseur ! Celui-là survivra à la fin du monde atomique ! Et, du coup, il a beaucoup de succès. Moralita Secunda : inutile d’acheter une imprimante 3D. Pour terminer sur ce sujet, les curieux.ses pourront regarder (ET/ou télécaguer) mes modèles[6] sur ma page à la banque de modèles Sketchup. C’est aussi une des raisons du choix de Sketchup : c’est une communauté mondiale immense de concepteurs partageant leur savoir, leurs modèles, textures, styles, extensions…  Immense !

Je referme la parenthèse, et je reviens à mon projet en cours : la grue à tétra-deshydraté-du-bocal. Je me suis lancé dans une reproduction la plus fidèle possible de ma piaule pour en finale, y concevoir cette grue. Erreur de débutant : j’ai attaché trop d’importance au contexte. Par exemple, il m’arrive de passer une (des) journée(s) sur un interrupteur, ou un lustre. Mais, circonstance atténuante : 1-jéksa àfoute, 2-j’apprends de chaque erreur, 3-le plaisir de savoir que le détail est chiadé, tu peux zoomer dessus ! L’exactitude des cotes dépend d’une tierce personne, chose pénible à mon entendement d’ex-indépendant. L’ensemble prend forme. Je demande conseil à mon grand fils, pour les roulements, la tenue et flexion du bras. Il me calcule tout. –Y’a rieng là ? Ni des lèvres, ni des dents, papa-aandjicapé fier comme un bar-tabac ! Toma passe deux années en chambre-U de 10M2, avec odeur de pieds. Le jour, ses congénères à l’IUT  sont principalement des mecs, inintéressants. Peuchère ! Il me dit : -Je ne veux pas devenir un ingénieur, papa, c’est des cons les ingénieurs ! Ils savent tout mieux…  Comment dire, fils ? Je crois que t’as tout compris ! Bref, le projet de grue avance bien. Un moteur déporté permettra à quiconque de me ”distribuer” du fauteuil au lit, en passant par la douche et le ouécé. Et ceci dans n’importe quel ordre. Sakifo. Finis les melons-bagots, et les risques de chute. Pour la réalisation, je pense à une bande de potes forts habiles, et bien sûr mes garçons qui n’attendent que ça. Depuis la mort d’Alain, j’ai mis en pause pour écrire ceci mais, je mènerai ce projet à bout. Promis. Et les promesses n’engagent que des emmerdes, donc chuimal.

J’aimerai, pour conclure cette chronique, revenir sur ma santé. Je pète la forme. Voilà. C’est fait. La O-Team a vu partir Cendrine, Marion, Elisabeth… et arriver Mimi-la-parlotte. Putain, ce qu’elle tchatche ! Mais nous nous sommes accommodés l’une à l’autre (à coups de courriels sauce iOllie), et fonctionnons désormais en harmonie. La fameuse et indétrônable Orelli tient toujours Leo Dupavet, et est devenue ma moitié incontournable, du moins en matière de compréhension. Après cinq ans de SLA évolutive, autant dire que c’est hyper précieux et important. La O-Team s’est vu arriver trois infirmières citées en début, un nouveau kiné : ”Gzavié”. Lui me parle de musique au lieu de football.  Je ne peux qu’acquiescer, si tu vois caisse je veux te dire. Mon père, duo de ses 73 ans, part accompagner les ados-soda en Inde pour la sixième fois, et partira ensuite avec sa sœur en Australie visiter mon tonton mourant. –Y’a pas ”Force de la nature” là ? Respect absolu imposé. Lui dit que c’est l’humour qui me fait tenir. Va savoir… En tous cas, mardi, rendez-vous à Vidauban-sur-Crématorium pour, une fois de plus, pleurer la mort d’un pote… 🙁  Je veillerai aux ”ambassadeurs de la mort” qui loupent les enchaînements musicaux…  Putain de SLA !  A quand mon tour ?

A tantôt.

[1] Must-have. C’est plus drôle en français.

[2] « C’est pas sorcier » était un magazine télévisuel français de vulgarisation scientifique destiné aux enfants, présenté par Fred Courant, Jamy Gourmaud et Sabine Quindou. Il a été diffusé du 17 octobre 1993 au 28 juin 2014 sur la chaîne de télévision française France 3.

[3] Un mec reste un mec. J’assume…

[4] La touche est un cuir rare dont on fait des bottes depuis l’Ouest lointain.

[5] Claou [klaw] : terme provençal signifiant probablement un clos. J’ai consulté mes référents locaux, ainsi que tous les dictionnaires… en vain. Tous les villages de Provence ont des Claous de Tartempion.

[6] https://3dwarehouse.sketchup.com/by/iOllie

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