Juin 2019

Une fois Népal costume, je partage un point de vue societal par mon ami Téhème alias T.M pour Thierry Mounier. Il mérite d’être lu 🙂  Canta moi, je pète le feu mis à part ma sclérose. Oui je sais, j’écris trop peu. Mais figurez-vous que j’ai deux amis qui ont accepté de transformer mon premier livre en odiobouc (livre audio) ! Et, tenez-vous, le lecteur n’est pas un mec au hasard, c’est le grand Francis Besson de la Comédie Française ! Et le son est géré par le génial David Sitbon du studio Shlom70. Donc, tout ça, plus la 3D, l’édition du Tome II, le site ouèbe, les montages video… ça fait que voilà. Epicez-tout. Je vous embrasse et laisse place au grand TM.

A tantôt. Eye-Ollie.

J’aimerais bien vous causer de vive voix. Vous êtes trop loin, ça fait chier. Je vais étrenner mon nouveau clavier, alors. Quand je ramène le portable du taf chez moi, j’emporte aussi un clavier avec des touches qui s’enfoncent, pour taper dix fois plus vite. La dernière fois, j’ai oublié de le ramener, et du coup il est toujours chez moi, et je viens de l’installer, enfin un vrai clavier, datant de cette époque bénie où le respect des normes, des usages et des habitudes primait sur le design. Ainsi, les touches sont placées sous les doigts, au lieu d’être disposées pour faire joli.

Je vais vous raconter ma vie, en deux parties.

Premièrement, les faits.

Voilà. J’espère que ça vous a plu, que vous avez trouvé ça palpitant et plein de rebondissements.

Deuxièmement, les tourments de mes pensées. C’est plus long.

J’ai envie de parler d’écologie, de politique, de philosopher sur tout, l’amour, la guerre, la nature, le djihad et les réserves ornithologiques du pays basque espagnol.

J’ai piqué ma crise, fin avril début mai. Faut voir que je cherche du taf, à Marseille. Mais ces abrutis d’entrepreneurs n’ont toujours pas compris que Marseille, c’est pas à côté de Marseille. Ils s’obstinent à me proposer des tafs à Aix-en-Provence, à Gémenos, à Toulon ou à Aubagne. J’ai une tête à avoir une bagnole ? Vous m’avez bien regardé ? Vous vous foutez de l’état du monde, vous êtes prêts à bétonner la Terre entière pour faire votre biz, vous trouvez normal qu’une poulette de 45 kilos, disons 50 ou 60, car si la Parisienne se nourrit exclusivement de salade verte, la Provençale y rajoute de l’huile d’olive, moi ça m’arrange, je trouve que ces 15 kilos de plus sont toujours là où il faut, vous trouvez normal qu’une poulette de 60 kilos affrète une caisse pourrie de vingt fois son poids pour venir dans vos zones d’activités pourries pour pianoter sur un clavier design ? Moi non.

J’ai tenu bientôt trois ans chez Infotel, grâce à la gentillesse, à la bonne humeur qui y règnent. Je ne savais pas que ça pouvait exister, une SSII qui respecte ses salariés. Je croyais être de la merde bac+5, comme Altran me l’avait expliqué. Ce que je faisais bien était tout à fait normal, ce que je faisais moins bien était la preuve que j’étais une grosse merde et que j’allais provoquer la faillite d’Altran, ce qui par ailleurs me remplissait le cœur de joie.

J’ai piqué ma crise, fin avril début mai. Ces abrutis de recruteurs me harcèlent au téléphone, ils ne savent que poser des questions, faire des promesses, me demander de faire urgemment leur travail, à savoir le reformatage de mon CV en dossier de compétences, selon leur design. Par contre, quand le client refuse ma candidature, avec le plus souvent de bonnes raisons, ce n’est pas ces refus que je critique, là, ils ne daignent plus m’appeler ou m’écrire, ou alors un mois plus tard, et m’envoient un mail automatique, malgré tout l’intérêt que nous avons porté à votre candidature, patati patata. Pourquoi vendre mon cul bac+5 pour 200€ par jour, alors que je peux en avoir cinq fois plus, me suis-je dit, alors j’ai postulé à trois boîtes suisses, pas les bonnes, mais les Suisses, eux, m’ont répondu franchement, en m’expliquant les raisons de leurs refus, selon les cas, vous êtes trop con ou trop vieux.

Faut voir qu’Infotel avait décidé de me faire bosser sur un petit projet de ces saloperies de nouvelles technologies. Avant, on avait un clavier avec 108 touches, non design, et un écran noir au bas duquel clignotait un curseur blanc ou vert. On écrivait des instructions, c’est d’ailleurs ça qui me plaisait, dans ce métier, le langage, entre langue vivante et mathématique, qui me fascine depuis toujours. Désormais, on a un souris à deux boutons, et sur l’écran, on a Eclipse, fenêtre partagée en 36 zones, chacune ayant 30 boutons. Même si on est passé d’un écran 14 pouces à deux écrans 19 pouces accolés, il n’y pas assez de place, alors les menus sont écrits avec une police microscopique, et sur les boutons, il n’y a pas la place d’écrire run ou stop ou go ou zobi, alors ils sont décorés de symboles, de hiéroglyphes, d’émoticonnes, faute d’orthographe volontaire. Ce sont des outils modernes. On n’écrit plus, on ne lit plus, on clique. Sur le bouton d’à côté, le plus souvent, car ils font 2 millimètres de côté. C’est le progrès. Bientôt, un appareil révolutionnaire, qui fera frigo, tournevis, dé à coudre et pompe à vélo. Et bien je vous emmerde, et je garde ma pompe à vélo, mon dé à coudre, mon frigo pas intelligent, chez moi, l’intelligence, c’est moi, pas mon frigo.

Bref, Eclipse, usine à boutons, et que je devais utiliser pour programmer une autre usine à boutons, à ascenseurs, à listes déroulantes, l’enfer. Un lundi, j’ai appelé pour leur dire que je prenais la semaine, j’ai regardé mon plafond pendant une semaine, c’était joli, il semblait bouger tout seul, mais c’était les volutes de mes games, mot rigolo qui allait sombrer dans l’oubli, sauvé in extremis par mon iOllie que j’aime.

D’ailleurs, avant même de lancer Eclipse, il faut allumer la machine, et, pour allumer la machine, il faut trouver le bouton on/off. Ma mission chez ITCE/BPCE/Natixis/CNP Assurances, je n’ai jamais vraiment bien compris pour qui je travaillais, étant terminée, je n’ai plus eu l’accès à ma machine que j’avais si bien configurée, mais à un portable, un laptop, avec des touches noires design, des boutons qui dépassent pas, hein, sinon c’est pas design, des boutons bien design, bien petits, bien cachés, et, bien entendu, noirs sur fond noir. La teinte harasse, comme il dit l’Eye-Ollie.

La machine allumée, me voilà avec Windows 10, c’est pareil que Windows 7, mais tous les boutons sont mélangés, tout clignote, tout est translucide, tout est en bleu ciel sur fond bleu clair, les teintes harassent, tous les trucs utiles sont au fin fond des menus, police taille 5, tout ce qui ne sert à rien clignote et bibipe, police taille 26.

Bref, le lundi suivant, j’ai rappelé pour leur dire que je prenais un autre semaine. J’ai regardé un autre plafond, celui de ma chambre d’ado chez mon père.

Rebref, le lundi suivant, j’ai montré ma gueule au taf, et mon dirlo épouvanté par cette vision m’a aussitôt octroyé deux autres semaines d’intercontrat, qui furent bénéfiques. Suis retourné montrer ma trogne cette semaine, ça va mieux, je reprends mes esprits. Mes colères, sourdes, noires, me rongent, m’épuisent. C’est la vie

Comment ne pas être en colère contre le monde entier ? La nature se meurt, les fous de Dieu veulent nous détruire, et nous on continue, on fait encore confiance à nos institutions de merde.

Chapitre institutions.

La Justice ! Cette conne ! Elle vient d’ouvrir une enquête pour “crimes contre l’humanité” pour la rafle du Vieux-Port de Marseille en 1943. La belle affaire. La Justice s’occupe de nous ! Il paraît que le dossier d’instruction pour faux-témoignage de Néron avance ! Ô joie ! Ô espoir ! Son crime ne restera pas impuni ! Tiens-toi prêt, mon gaillard, d’ici deux ou trois siècles tu vas recevoir un courrier recommandé, contrairement à toi, pas piqué des vers ! Et la justice va sauver la planète ! Le temps de voter la loi, de la faire ratifier par le nos frétillants sénateurs, de la faire valider par le conseil de l’Europe, de la faire appliquer par les adjoints au maire chargés de la biodiversité, vous allez voir ! Il ne disparaîtra pas plus qu’un ou deux milliards d’espèces, et la justice sera rendue, le dernier arbre de l’Amazonie sera sauvé et dûment congelé au muséum d’histoire de la nature, parking à vélos gratuit, parking à trottinettes électriques gratuit, éclairage basse consommation, machine à café avec touillettes recyclables.

La démocratie ! Cette conne ! Tout juste bonne à nous offrir le choix entre la destruction de la nature et le nazisme !

Et les amoureux de la nature, ces cons ! Toujours prêts à prendre leur bagnole pour aller chez Jardiland acheter de quoi glyphosater les herbes pas design, à prendre l’avion pour aller boire le pastis dans les Dolomites, un cocktail à Courchevel, un Coca dans les Rocheuses, ou la ciguë sur l’Everest. Je hais les amoureux de la Nature. Vous savez quoi ? Une des causes majeures de la disparition des petites bestioles, sauterelles, batraciens, petits rongeurs, dans nos campagnes, ce sont les chats domestiques. Bien nourris, en forme, ils continuent à chasser, mais plus pour se nourrir ! Ils sont devenus aussi cons que leurs maîtres ! Ils chassent désormais pour le plaisir ! L’homme corrompt tout ce qu’il touche, y compris les chats.

Pause. C’est cool de vous écrire. Merci les gars. Je vous aime.

Tyty

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