Faire l’andouille à Hendaye : Jeudi 1 er Novembre 2018

Sayé, je sors de ma léthargie. Du moins de ma 3D polychrome qui m’obsède. Et voui, il me reste ça : la geek attitjude, toujours sadepri. On fait avec Skonna. En provençal ça donne ”fèn coume poudèn” or, il s’avère qu’un facteur à Cotignac s’appelait justement Pouden, ça fait que voilà quoi…

En fait, je deviens plus monotâche que jamais. Déjà qu’un mec c’est monotâche… Deux phrases et je pars déjà en couille ! Revenons à l’actualité de l’handicapé.e : en réalité les océans sont pollués par les tétraplégiques qu’on fait boire avec des pailles et dont le généreux miel d’oreille est ôté à l’aide de bâtons à oreilles (version Québec) en polypropylène estrudénon recyclable. Les aandjicapés et les patients dopitosont les plus gros pollueurs : on consomme un max de plastiques non recyclables. Nous, on coûte un pognon de dingue à la société. Promis : j’en sortirai d’autres de la Macronie. J’ai donc décidé d’arrêter les pailles et les coton-tiges. Démerdez-vous ! Voilà l’intro ”à l’arrache”.

J’en viens ”djirekt” à ce que vous avez toutes zétoussenvie de lire : la situation pré-diagnostic bi-semestrielle (ou tetrannuelle) de mon état de santé. Je défie (Dong) kikonkde prouver que mon état s’améliore. Même si ce n’est pas flagrantissime, la descente douce ne tend pas vers une montée, ni vers un faux plat espéré. J’y reviendrai. Allez, spartji!

         1  Preums: La bouche

Première à défaillir sur l’échelle de gravité. Bizarrement, la salivation abondante revient thalasso. C’est pénible car cela implique des déglutitions fréquentes, qui me font avaler de l’air, puis rôter… Cercle vicieux. Le Tabasco ne m’aide pas vraiment, mais pour rien au monde je ne mangerai moins épicé, c’est mon p’ti plaisir, mon kif. Il me faudrait des bombecs à l’atropine[1], avec du THC tiens ! La déglutition des liquides arrive à un niveau critique (”trop grave” en djeunn’s). Avaler un expresso me prend AU MOINS cinq minutes, canto canon de jaja, si j’arrive à en boire trois gorgées, c’est le bout du monde. En réalité je n’absorbe pas plus de 20 CL de liquides par jour. J’entends déjà le discours du corps médical… Mais j’aimerais vous-y voir ! Sachant qu’on ne me tend une boisson QUE pendant les repas, que les auxiliaires ont un temp d’intervention limité : je ne vois pas comment améliorer ce ratio. Mon fils m’a installé ma gourde trop haut, impossible de choper la paille (l’embout). Bon perso je m’en cague, ça m’évite les transferts improbables aux wouécé. On viendra à l’anus plus tard.

Ma bouche n’aspire plus, je suis obligé d’avaler pour amorcer une aspiration, ce qui me fait serrer les dents car -j’ignore pourquoi- je n’arrive pas à avaler SANS serrer les dents. Ce qui fait que mes aides retirent la paille de ma bouche AVANT que je n’aie pu aspirer un petit peu de breuvage, LOL. L’autre conséquence est que je ”mâchouille” mes pailles (et mes clops) outre mesure pour arriver à aspirer. Je n’arrive pas à faire autrement. J’avais envisagé de (faire) limer une de mes incisives à la forme d’une découpe ronde, mais je krinkcette solution radicale nuise à une harmonie familiale, et à mon sourire. Donc je récapépette: un max de salive, une glaire inamovible (j’y viens…), déglutitions fréquentes qui impliquent les dents serrées, le cou ”à la Hawkins” (j’y viens aussi…) : comment tu veux fumer un clopp ainsi ? Seule Françoise (fumeuse invertébrée) à saisi le problème et m’incline bien en arrière de manière à ce que l’excès de bave ne stagne pas près de mes lèvres : bien vu ! Faut avoir fumé pour comprendre. Là aussi, je vous attend au tournant avec les remarques anti-tabac. Evitez, merci.

Les mâchoires serrées deviennent une situation fréquente, à tel point que j’ai fini par détruire mon Muhammad Ali, pourtant réalisé en plastique style nylon inaltérable et imputrescible. En 4405 après JC on le retrouvera tel quel. Mes os seront devenus poussière depuis Milan. Je grince des dents chaque nuit, et même de jour, lors d’un bâillement + étirement + jambes tendues (réflexe médullaire) : tous mélangés… C’est n’importe quoi dans mes neurones ! Va me falloir une gouttière en titane-molybdène à mémoire de forme. Bè voui,un protège-dents s’appelle une gouttière. Samarranche (Jean Antoine).

Il y a également la langue qui m’abandonne. Elle ne bouge plus que le long du palais. Un bombec genre fraise Tagada me tient au moins deux heures. Il faudrait que la langue des ados s’active ainsi, après vingt ans, on économiserait des millions (de caries). Ma langue ne distribue plus les aliments dans la bouche pour les mastéguerensuite. Adieu morceaux. Tout ce qui n’est pas mouliné fin-fin-fin ne passe plus. Une méga fausse-route aura fait flipper toute la tribu, moi le preumss. C’est « kerke » chose de se voir mourrir étouffé par manque d’air ! Je ne le souhaite pas à mon pire ennemi : c’est abominable !

Un autre aspect de ma langue feignante est l’impossibilité de me rincer la bouche dignement après un brossage des dents. Déjà qu’on me brosse les dents tous les quatre jeudis, se rincer la bouche avec une micro-gorgée d’eau : c’est moyen. Je vais finir par avoir la même de ntition que Jacouille (le gueux des ”Visiteurs”). Va falloir inventer un ”Water Pick” pour légumes hémiplégiques.

Je me répète : mes cordes vocales semblent désormais ”ne plus que” réguler mon souffle expiré. Cela donne d’infinis gémissements issus d’un zoo (psychiatrique), mais comme je crains tout sauf le ridicule je fais fi du candy-ra-thon.C’est certain : ce symptôme est héréditaire. Je tiens ça de ma mère, hypocondriaque à 200%. Ainsi, lorsque nous sommes réunis, on dirait un couple de transformateurs électriques avec ce murmure permanent caractéristique. J’ai beau essayer, rien à faire : j’exaspère toute ma tribu avec ce côté bruyant.

Pour finir la zone ORLy, venons aux glaires. Celles-ci se génèrent à CHAQUE repas, m’empêchant de respirer librement sans ”chat dans la gorge”. Je n’arrive pas à expectorer, et au plus je suis à l’horizontale, au plus j’ai la sensation de m’étouffer. La SLA c’est l’étouffe des zéros. Donc, à CHAQUE repas, je me tape une quinte (voir sixte) de toux. C’est assez épuisant. Rien à voir avec une fausse-route comme d’aucuns.nes tendent à croire, convaincus.ues. Le Co-fascist(cough-assist) traîne inutilement sur ma table de chevet extensible façon hôpital. Navrant et un désastre esthétique. Plus laid tu meurs ! Aspro-peau, un n-ième appareil est venu encombrer mon espace vital (je pèse cet adjectif : j’ai besoin de d’espace, de vacuité… pour vivre !). Un aspirateur à glaires (endotrachéal) avec un toxonde ”canules”/sondes trachéales, youpi !… Le truc dont PERSONNE ne veut. Si ça pouvait m’ôter les mucosités nasales, j’y trouverais un intérêt… Kinémarc dit que c’est indispensable. Ma foi ! Cela créé des emplois : la société ORKYN vient tous les deux mois ”réviser” les trois appareils qui ne servent à RIEN. Il est là le trou de la Sécu, et traverser la rue pour trouver ce genre d’emploi, ça devrait être interdit. N’est-ce-pas Mister President ?

-Le cou :

Il moutardede savoir ce qu’on va me dire à ce sujet à la Clinique du motard-neurone. Mon cou me soucie vraiment. Il ne veut plus tenir ma tête droite. La faute à l’appui-tête : faisons un procès à Invacare ! Le doc Louijak l’avait prédit : l’usage intensif de lapuiteutéfaiblit les muscles du cou. Mais je défie quiconque d’écrire une phrase avec une (triviale) poursuite oculaire SANS appui-tête. Cercle vicieux, one again stecpipol.Mon cou ”tombe” tout au long de la journée. Le matin : impeccable, il tient droit sans aide. Puis, au prochain transfert, il se penche. Le soir j’ai la tronche de feu Stephen Hawkins, pareil. Penché en avant sur la droite. Y’a quoi dans l’hémisphère droit du cerveau ? La géométrie spatiale en 3D ? Je me force à mettre la tête ”droite” -du moins, je crois, jusqu’à ce que mon Victor me la mette vraiment droite- ce qui me demande un effort musculaire constant impossible à maintenir. Douleurs également, le soir. Une fois, on m’a laissé avec l’appui-tête trop en avant : j’ai cru mourir. Maintenir ma tête plaquée à lapuiteutém’a épuisé, depuis je tremble du cou. C’est ”trop stylé” comme dirait Victor, mais ça craint. C’est le début de la fin. Avec les grimaces et la mâchoire serrée en avant je finis par ressembler à toutes ces figures que je brocardais jadis sans vergogne. La con de moi ! C’est donc ça la SLA : y’a Dieu qui remet les pendules à leur place (comme dirait feu Jean Philippe Smet) !

         2 Deuzio :

         -L’évolution de la patoloji.

Comme je disais, impossible (pour ma part) d’affirmer qu’il y a un amoindrissement quelconque des symptômes de la pathologie. SLA que le bât blesse. En pure conviction, Nathalie a fait venir un couple de magnétiseurs. Je me suis laissé emporter par l’espoir. Qui s’y opposerait (à espérer) ? La séance est assez impressionnante, du moins pour un cartésien de ma sorte. Les pendules s’agitent à la force centrifuge sur mon corps, des énergies insoupçonnées jaillissent de mes membres immobilisés. On me met un bracelet puis une boîte en bois contenant je ne sais quelle extraction de mon grand corps malade, placée sur la table de chevet (celle-là, la moche). Une action se passera chaque nuitée la tête à proximité de cette boîte…

Un mois passe.

Re-magnétiseur.

J’y crains qu’il ne m’efface mon disque dur où sont stockées toutes mes créations numériques… C’est toute ma vie ce disque ! Vingt ans de tri et de répertoires, 100000 photos triées, mes vidéos faites « main »… Ses pouvoirs magnétiques n’affectent pas mes données. Ouf ! Mais, force est de constater qu’ils n’affectent pas mon évolution de santé non plus. Aucune amélioration ne s’est produite sur ma SLA… Moi qui m’voyais déjà en haut de l’affiche (des miraculés revenants). Pensée à Charles Aznavour. Puis un doute m’habite. Quid des ondes électromagnétiques dans ma piaule ? Ne faudrait-il pas débrancher le lit médicalisé (le mien, bricolé façon iOllie dépasse l’entendement, SAKEJEM !) pendant le sommeil ? Le Wi-Fi qui traverse mon corps 12H/jour, n’est-il pas néfaste à tout ça ? Je m’interroge grave. Je pose la question à Madame Magnet, par courriel. La réponse fut encore plus naïve que ma question. Je m’attendais à entendre un discours technique explicite, du genre -Privilégie une connexion filaire au réseau…Non, olieudsa, on m’a répondu comme à un enfant. –Bois bien tes décoctions(à la moirmoil-noeud),-Fais bien tes exercices… Déçu. Je suis déçu. Alors, certes, je suis assez incrédule et plutôt cartésien comme Saint-Thomas, mais faut pas me faire prendre ma vessie pour une citerne. Je veux bien croire aux vertus du bicarbonate de soude et à la vitamine C, mais si un.e sclérosé.e (ami.e aux tropiques) était ”revenu.e” d’une SLA à coups de pendule, ça se saurait. Non ?

Me v’là beau avec mon bracelet chamanique auquel je ne comprends rien ! Nous vl’à beaux, nous v’là jolis, ankylosés sous les kilocalories des compliments élémentaires ! Trump ferait un tweeten les attaquant pour escroquerie en bande organisée… Très tendance le réseau social. C’est comme les replayset les podcasts[2]: inutiles donc indispensables. Je me suis inscrit sur Twitter, j’ai un seul ami (LOL) : Donald Trump !

         –Matossergo : le transpalettes

         Le fameux lève-personnes fait aussi partie des encombrants de mon espace vital. J’ai tenté de le faire remplacer par une plante tropicale craignant le gel hivernal, en vain. Il a servi une seule fois, lors d’une envie de pisser en présence de Souaze qui ne prodigue plus de transferts depuis qu’elle s’est ”déboîté” une épaule -à force de ne pas suivre mes recommandations écrites, notabéné…-. Donc, palschwa: obligée de se servir dudit engin idoine. Nathalie et le kiné avaient pourtant bien expliqué à toutes les aidantes, l’épreuve ressembla néanmoins à un essuyage de plâtres avec un bonnet de forme. Bref, trente minutes plus tard, me voilà lamentablement pendu comme un sac de gravats, le coccyx heurtant la cuvette du wouécé, coincé dans une position douloureuse et inextricable. La seule solution fut d’appeler une tierce personne ; donc Nathalie. Celle-ci sortait d’une sieste suite à s’être fait manipuler par une ostéopathe, et censée ne fournir aucun effort physique sur sa colonne vertébrale… Bonjour le cadeau ! Avec quatre mains, je finis par être enfin soulagé de mes spasmes-raideurs et installé ”normalement” pour pisser un coup. J’y mets des guillemets parce que j’ai dans le dos un harnais de parachutiste GIGN et devant une grue d’atelier qui me coince les pieds. Là, le calendrier mural de top-models à poil sur la plage ne suffit plus à l’évasion. Le stress généré m’a carrément coupé l’envie de pisser ! Notez que nous sommes à 45 minutes de ma demande initiale. Vive la vessie-lanterne ! Moralité : rien ne vaut un transfert manuel. Rapide, ergonomique, confortable et… Humain. Je conçois qu’il faille protéger les aidants.tes, et que le lève-personnes soit LA solution, mais ; considéré le temps (constaté très bref chez ma moitié) entre l’envie d’exonérer et le ”point de non-retenue”, y’a Pafau Thau : le lève-personne c’est NAZE ! En plus, lorsqu’il n’est pas adapté à la morphologie du (de la) patient.e ! Je rappelle à toute finzeutile que le fournisseur se dédouane de tout problème de taille derrière la prise en charge par l’Etat de ses émoluments. Solutions ergonomiques ? Non, business. Je conçois également qu’une main expérimentée aux commandes du ”transpalettes” assurerait rapidité et confort, mais je ne mettrai d’avantage mon grappin sur Souaze qui nous quitte, à regret. Je comprends très bien qu’à deux pas de la retraite, on n’ait plus envie de se faire suer la race avec des modernités tègnologiques. Je ferai pareil.


       3 Troizio : La conclusion non-définitive

         Je tiens à féliciter publiquement toutes mes aides soignantes / oksiliairesde vie (rayez les mentions inutjiles) sans qui mon existence serait un enfer noir immaculé. Primo, ma moitié, évidemment. Je souligne le caractère EXCEPTIONNEL des compétences d’Orelli, alias Aurélie Bachelier. Ponctualité inconditionnelle (elle habite à 20 bornes), dynamisme, efficacité, bonne humeur & bon humour : chapobaMadame ! Souaze qui nous quitte n’est pas en reste avec son humour qui me manquera, c’est sûr. Elle fut ma toute première aidante, elle peut témoigner de l’évolution d’une sclérose ! Et puis il y a Minnie-Aline, haute comme trois pommes et qui a soigné tout le canton toute sa vie durant. Elle a une expérience digne de ce nom, connaît TOUT le monde aux alentours, et s’avère être une ressource intarissable en linguistique locale, je nomme le provençal. Non, ce n’est pas un dialecte, mais bel et bien une langue, et celle-ci me fascine. Elle me parle donc èn prouvençau,et apporte TOUJOURS la joie de vivre. Merci mes trois drôles de dames ! Je vous aime.

Je profite de lokazpour vous annoncer l’intégration de CHRISTIAN BAR aux seins de la O-Team. Il mérite, grave. Christian est LE médecin urgentiste de Brignoles (CHU le plus proche) grâce à qui j’ai été présenté à l’Equipe Mobile de Soins Palliatifs locale. Pour les néophytes, c’est une sorte de SMUR pour légumes aandjicapés : ils savent skifaut faire et surtout skifo PAS faire en cas de problèmes. Chris inaugure son nouvel établissement le 7 Décembre, avec les costards-cravates d’usage dans leur jus avec leur farandole de petits fours (little ovens) pré-électoraux. J’étais jadis le plombier préféré de Christian puis, la SLA aidante, on est devenus potes. Je tiens à ajouter que je suis jaloux de sa paternité : en effet Christian a eu sept enfants, de la même femme. Respect total !

4 Derche : Résultat du bilan du diagnostic au contrôle tégnique :

Tout bon. Jacques. Passons à la musique. Ah, vous vouliez du détail ? A, B, C tadire que… Bon da-Kodak.

On s’approche de la perfection : le rendez-vous quadrimestriel ne prend plus que deux heures, dont une à dormir en salda-tente. On est aux antipodes de La Timone où il fallait compter la journée entière. Bon, il faut dire kiliamoins de facteurs changeants. Je suis ”comme qui dirait”… ”stabilisé”. A tel point castrin-là je risque de survivre à mes contemporains, LOL. Ce n’était pas le but. J’étais censé péter une Durite avant. Casser ma pipe à la troisième année de SLA. C’était écrit sur internet, sur tous ces sites visités le soir où le neurologue de Draguignan-sur-Inondation avait prononcé cette locution : ”neuro-dégénérative”. Je rappelle très bien : j’étais revenu détruit, vidé de toute consistance. Avec du recul, je me marre. Je ris de me voir si vivant dans ce miroir, quoique la tronche en biais façon Hawkins. On ne peut pas tout avoir. Mais comme je m’en bats les coudes (le ridicule j’y crimpa), c’est tout bonk. Ollie Bonkers.

Première vérif’ : le poids. Pesée avec le Laurent Gamelon de la Clinique du Motard-neurone. J’avais prévu le coup et fait rajouter deux plaques en plomb dans ma poche dorsale. En plus, j’avais 500 grammes de réglisses ”dubbel-zout”[3], assez pour monter ma pression artérielle à trois bars. La balance affiche, après un calcul-savon, un gain de poids d’un Kilo édmi. Yess !!! Fini les compliments élémentaires ! Première bonne nouvelle.

Passage chez l’ergo Soum. Pas grand’chose à se raconter (surtout moi, mooort de rire). Mon courriel pré-diag’ a fait son chemin, elle m’installe une minerve autour du cou. Je suis devenu Zorg, avec sa créature à câliner. Notez qu’il s’étouffe avec une olive, comme moi. J’ai désormais l’air d’un biker passé sous les roues d’une semi-remorque, tronche verticale mais minervoise. Les patients de la salle d’attente reluquent toutes et tous mes roues en 26’x3’. Avec leurs tristes pneus pleins gris en 24’x0,2’… Je me dis à l’intérieur de moi-même : –T’as qu’à te les monter tes roues…  Mon air débile masque mon côté ”Je snobbe les aandjicapés avec mes peneusà flamblants, tavéka être manuel…”.

Puis arrive le neuroCHEF grand Sachem. Là, sourires : la dernière prise de sang a révélé tous les indicateurs au taquet de la zone verte. Nous apprenons que le choléstérol ne fait pas partie des indicateurs surveillés, et que celui-ci est une des composantes majeures des neurones. Là j’imagine tous les étudiants en médecine comme devant une série TV à la mode ”hôpital”, en train de se poser la question : c’est du lard ou du cochon ? Pour moi c’est une excellente nouvelle ! A moi le lard ET le cochon, les pots de Sinto-Agur-crème XXL (qui me tiennent DEUX repas), les oeufs aux lards CHAQUE matin, et l’aïoli à gogo ! Balek total ! –Tu veux ma place ? Prends mon cholestérol.Deuxième bonne nouvelle.

On revient sur ce fameux séjour en centre espécialpour débiles baveux. Hyères (San Salvadour) n’a JAMAIS répondu : ni oui, ni merde. Je crois que je suis victime d’une ségrégation : je leur ai trop cassé les couilles… Mon dossier est annoté en rouge-fluo : « Patient trop chiant ! QI > moyenne ». Bref, neuroCHEF me propose LA référence nationale pour les SLApeople : Hendaye. Nath et moi nous regardons, complices : Victor va kiffer grave ! Ça n’a pas loupé, lorsqu’on lui a dit qu’Hendaye était située sur la côte Basque, ses yeux se sont instantanément illuminés ! Atlantique = surf ! Bon, ce n’est pas la porte à côté, mais quitte à être aux ZAN-t-iPod, je préfère faire l’andouille à Hendaye plutôt qu’à Dunkerke. En plus, selon la charmante assistante sociale, l’établissement est plus adapté aux pathologies neuro-dégénératives. Je traduis : y’a des ponts roulants et des transpalettes dans CHAQUE piaule de débile bavant. Une des patientes du neuroCHEF y aurait même pratiqué du parapente en ”sorties récréatives”. Ça c’est du centre pour gastéropodes sclérosés du bulbe ! Yallah ! Paraît même que les chambres sont suffisamment spacieuses pour y installer un Mac… Bref, troisième bonne nouvelle du jour. Je m’offre un café en terrasse du CHU pour célébrer ces trois nouvelles. Et deux clops. Fo-skifo. Le café finit par bousiller ma capeline en laine tricotée avec amour par ma Belmèr. Je n’y peux rien. Depuis le temps que je réclame un ”bavoir” en plastoc… Voilà le résultat des courses : tiercé gagnant, et longévité prometteuse. Vous pouvez retourner à vos préoccupations habituelles.

Musique ? Allez ! Spartji !

Chaque fois que je me propose de vous présenter un titre, je retombe dans les vieilleries de ma jeunesse, voir celle de mes parents. Restons-en Europe, l’Amérique n’a pas TOUT inventé. On dit qu’en France on cuisine bien et qu’en Angleterre on y fait de la bonne musique. Et bè moi je m’inscris en VRAI. -Qui était donc les premiers rockers à échantillonner un clavier ? Les qui ? Abé bravo !C’étaient les qui, alias The Who. Moi je veux vous parler d’un titre que TOUT le monde a déjà entendu. Mais c’était 50 ans avant Docteur Maison ou Les Esperts de Manhattan ! Preuve que c’est dans les vieilles marmites que l’on puise l’inspiration actuelle. Et il n’est pas né celui qui me sortira un élu de ”the Voice” en 2070 en référence au passé. Bref, le tjitre Baba O’Rileyest écrit par le sosie d’Alexandre Sette, j’ai nommé Pete Townshend, le bassiste et claviériste des Who. L’étymologie du titre serait due aux noms des influences du bassiste : Terry Riley (compositeur musical) et feu Meher ”Baba” (son mentor spirituel, gourou indien). Mais le titre retenu par tous est ”Teenage Wasteland”. Ecrit pour la succession de Tommy (premier Opéra-rock des Who) la suite n’aura pas lieu. Nez en moins, ce titre est remarquable pour la fusion innovante du son hard rock avec les premières expérimentations de synthétiseur. Le batteur du groupe Keith Moon a eu l’idée d’utiliser un solo de violon pour terminer la chanson. Il passe alors d’un rock éclatant à un musique presque tzigane, puis également irlandaise. Monsieur ”Lune” était un des plus grands batteurs de rock, connu également pour détruire INTEGRALEMENT sa batterie à CHAQUE fin de concert. J’ai souvent rêvé de ça, mais Cantonna qu’un seul instrument, t’y réfléchis, puis tu t’abstiens. En concert, l’échantillon bouclé de synthétiseur (en fait un simple orgue Lowrey Berkshire Deluxe TBO-11 mais qui sonne comme un Moog torturé) était pré-enregistrée, ce qui, de nos jours, est une pratique couazisinécouanone. Et le chanteur Roger Daltrey jouait le violon à l’harmonica. Bref, ledit titre sort en 1972 en ouverture du deuxième malbom. Il cartonne partout en simple (45 trous) sauf aux zétazuniET au Royaume-Uni à cause des tensions politques avec l’irlande du nord. Baba O’Rileysera repris par de nombreux groupes tels que Pearl Jam, Mr. Big, Greatful Dead, et même ces nazes de Nirvana[4]

Mais, voilà : ce titre émeut toujours cinquante années après, et c’est pour ça que j’en parle. Com DAB, j’voulmésur le tourne-disque (quelle appelation originale !) du site. Montez le son.

A tinto, vino.

[1]Atropine : L’atropine est un alcaloïde tropanique. Vous voilà renseignés. Utilisé comme collyre oculaire habituellement, il sert chez nous (les SLApeople) à anihiler la salivation. A raison de quelques gouttes sous la langue… Goût infect !

[2]Podcast : Terme anglosaxon tendance signifiant un fichier audio téléchargeable pour une écoute ultérieure. Mais ça, même les teubésle savent.  Moi skim’intéresse c’est l’étymologie. Or tout le monde croit que podcastest un mot-valise obtenu avec les contractions de iPod et broadcast. Et bè non ! L’expression podcast est originaire du Québec, là où ma fille étudie : à Chicoutimi ! Voui Madame ! Lorsque les trappeurs amérindiens tuaient les castors pour leur dentitions circulaires afin d’en fabriquer de redoutables hameçons, ils conservaient les peaux (fourrures). La peau de castorétait trop fastidieuse à prononcer. L’élision du ”or” final donna ”podcast”, une fourniture à utiliser ultérieurement. Voilà la véritable origine. Si tu’m crois pas (hey!), tu vas voir ta gueule à la récré !

[3]Double sel en néerlandais. Aux Pays-Bas le réglisse salé est une institution. Mais le « DZ » est un truc qu’on adore ou que l’on déteste. Je n’ai convaincu que très peu de français.ses à cette délicatesse du nord. Il faut avoir grandi avec… Nathalie appelle tout réglisse un ZAN, comme pour beaucoup c’est la seule référence française pour le réglisse.

[4]Parti-pris ? Mais non. Kurt Cobain était un arriviste sans talent et le succès de Nirvana repose sur un phénomène de mode. Bref, bidon.

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