Cotignac classé SEVESO !

Suite à mon inauguration de pompe, j’ai écrit aux fabricants pour trouver une pompe programmable AVEC horloge. A priori, personne en fabrique, c’est un monde ! Hallucinant. Pourquoi l’horloge ? Pour permettre une mise en route ou bien l’arrêt à telle ou telle heure. Cela n’existe PAS !

J’ai maintenant quasi-un litre de purée de cosmonautes par nuit. Mon ventre et la fosse septique sont chimiques à souhait : je chie du Rhône-Poulenc et du Bayer. Si on branche une fiole de Normacol sur la pompe de nutrition entérale, on peut classer Cotignac en ”SEVESO” ! Risque de pollution chimique et explosion ! Comme Union Carbide à Bhopal, pareil. Mais je vous parle de 1984, la moitié d’entre vous n’était pas né(e)s.  Il faudrait pouvoir recycler ces rejets. Si on en fait du fumier, la surface traitée sera vierge et infertile pendant mille siècles minimum. Peut être on peut le reconditionner en décapant ultime qui solve le nylon et l’acier inosk, vendu en bocal verre. Il y a d’autres parties ”effluentes” que j’aimerai reconditionner. Par eggs-amples il parait que je rejette du ”gras” au niveau des tempes. Avec la quantité de lipides que j’avalle, ça ne m’étonne pas du tout. Et bien, si on raclait ce gras avec une lame on pourrait le revendre à Bordeau Chesnel pour ce ”saindoux” blanc qui couvre les fameuses rillettes, et que tout le monde jette avec l’emballage. Texture absolument six mille airs. Le miel d’oreille (cérumen) aussi. J’en produit des kilos par mois. On  ”y” passerait les bâtonnets ouatés dans une centrifugeuse chauffante et le précieux miel coulerait à flots. Pour faire des bougies anti tout qui puent sur un kilomètre ! Pour les gens qui n’aiment personne et vivent seuls sans zanimo. Oui, y’en a. Bref, on PEUT recycler les aandjicapés (les aandjicapés ne sont pas huméngs, ils polluent trop).

C’est invraisemblable la quantités de déchets que je génère désormais!  CHAQUE récipient de ”nutriment” vient avec ses quatre mètres de durite à tronçonneuse, ses embouts en plastiques dits-”vers Zévarié”, ET des vannes multivoies miniatures inamovibles qui, lorsque tu roules dessus dans le lit, te rentrent dans le lard en faisant SUPER mal ! Et là, t’as l’alarme de non-débit qui se met en branle…! Formidable. Chacun de ces plastique dégage des composants organiques volatiles, mais c’est stérile… Les aandjicapés bectent du plastique à gogo. Chaque contenant entamé a une durée de vie de 24H. Pas fini ? Tu jettes ! Avec donc tous ces artifices à base de pétrole. Putain, j’ai honte ! Et je ne parle QUE de mes purées de l’espace. Les soins prodigués remplissent également bien les poubelles. Une douche par exemple : l’eau ne doit pas atteindre le tube raccordé à Monesse Thomas. Pour ce faire on me colle des ”paschts”[1] préconçus trop petits de manière à ce que bien quatre paschts sont nécessaires pour, en finale, fuir comme un panier et me couvrir tout le bide. Chaque pascht vient avec ses applicateurs et son emballage individuel … J’ai fini par acheter un rouleau de véritable DuckTape™ et c’est marre. Un plastique scotché marche mieux et pollue moins.

Et puis, du coq à l’âne, il y a cette pensée d’Amy avec laquelle les media n’arrêtent pas de nous saouler. Amy a une apens. Oui, j’ai vérifié : c’est correct. Le guet-apens tiens. Donc les media nous saoulent avec l’apens d’Amy. C’est comme le mercato en football. Johnny Halliday ne comprenait pas pourquoi il fallait que le maire soit catho.[2]

-Qu’est-ce que veux te dire ? commence l’infirmière au téléphone, en appelant le docteur. Le Dieu avec ses petites mains qui se racontent encore leurs projets pascals. Oui, retour à losto. Je suis en attente dudit médecin qui, une fois le patient installé, va s’habiller pour travailler. L’anticipation n’est pas de mise. Pèle-ton jonc sur le brancard. Nikita arrive pour baisser le X-ray sur ma fatche. J’ivoirien. Donc Nikita de Pelton John. On m’installe l’orifice définitif : le ”bouton Mickey” comme dit le personnel. Probablement une seule personne sait que l’appelation n’a rien à voir avec Walt Disney. Mic-Key est un artifice fabriqué par Kimberley-Clark Corporation, dûment breveté, et probablement leader de ce marché juteux de la nutrition entérale. Je m’attendais à du métal, que nenni : du bon plastoc ! L’opération se veut nettement plus agréable : déjà, parking réservé, place géante. L’attente est moindre, le personnel est à l’écoute… A croire qu’ils ont lu mon article ! Pas impossible. Un membre de la O-Team aurait cafté ? Y’a deux docteurs… mmmm…

Le bouton est en place. Plus de tubes pendouillants à multiprises. Nickel. Si on y branche l’aspirateur, je m’aplatirais fin fin féng… on pourra me rouler et m’envoyer par rouleaux comme les posters. Au déballage tu déroule l’Ollie sur son fauteuil et t’ouvres le capuchon.

Autant de personnes se sont occupées de moi, et mon petit bouton aura généré 305 fichiers (admission, service, radio, stock général, stock spécifique, planning, etc.), et 48 appels téléphoniques, 23 SMS, douze télécopies, 27 courriels, 649 feuilles A4, 78 grammes de toner (encre poudre) eksétéra… J’exagère à peine. Cette constatation m’est venu l’autre jour chez l’oculiste. Oui, tous les tant de temps, nous allons chez loft-almo,  poursuite oculaire  oblige. Les SUV Audi alignés témoignent : métier lucratif. Mais, avant de voir le précieux gonze, les petites mains qui roulent en twingo non-hybride font le ”petit” boulot : saisie des données. Et là, ça commence ! Fichiers, transmissions, feuilles A4… Après la réception, des machines super sophistiquées pour t’analyser les œils. Une demoiselle pose les mêmes questions toute la journée, une main sur le clavier, l’autre pour ajuster le robot. Pad fenêtres, lumière à tube fluo toute la journée. Une fois les constantes saisie, génération de fichiers dans le serveur. Enfin, le médecin finit par un calcul pifométrique décrédibilisant les 150 manipulations précédentes. Son lecteur de verre stipule 1.50 à chaque œil. -Je vous prescrit du 2. dit-il. Si j’avais suce-là, je ne serait même pas venu. Pédé ! J’ai plus d’estime et de compassion pour un berger qu’un oculiste blafârd, aussi vaccinné soit-il. Ordonnance pour l’opticien et c’est marre. 120€ dit la réceptionniste aussi caissière. Et là, je réalise que si tu n’as pas de sécu, carte vitale ou carte bancaire, t’es mal ! Une fois sorti du système tu n’existe plus. T’es personne. La zone commerciale à l’américaine offre deux opticiens à côté. Pratique et très laid. Minot, je voyais des vaches, là. Mais il ”faut” vivre avec son temps. Je vois des montures sympa. Le vendeur précise que le solde risque d’être élevé. 20 minutes de tapotis sur clavier, prodiguation des usuels documents (mutuelle, sécu, carte vitale) : -il vous reste à payer 180 € HT, lance le type. Aqua servent les mutuelles ”optique” ? A rien. Métier lucratif aussi opticien ! Niètt, je me rabats sur le moins cher. Re-20 minutes de tapotis. -80 €ttc finalise le vendeur. Octante euros pour un prix de revient de  50 centimes la monture chinoise et peut-être 2 euros pour les ”verres” d’un classicisme absolu (+2). -Il faudra revenir pour les ajuster, finalise le vendeur après avoir débité la carte bancaire. Donc, trois appels en plus, quatre sms, un aller-retour par Brue-Auriac (456 virages), 4 litres de gazoil etc. Mes couilles. Je ne retournerai pas. Laissez-moi en paix avec Grisou, Orelli et Nathalie.

Le professeur chauve barbu et blasé m’a vexé. Cono ! Visite trimestrielle à Montpellier, Hôpital Guitcho Liak. J’aurais passé une matinée à écrire tous mes désagréments récents afin d’être le plus communicatif possible sur mon état de santé. Une matinée. Envoyée en courriel, pédé-F et texto. Il survole en diagonale les trois premiers points et pose les feuilles, genre ”ta prose ne m’intéresse pas, j’en ai vu d’autres des plaintifs”, et poursuis SA conversation. Déjà, lorsque je lui avais offert mon livre, il ne l’a pas lu. Puis il m’a fait un vié sur le fait que je lui adresse un texte à son prénom, puis un autre sur le CDB… Là, il me prend littéralement pour un con. Môssieu n’a paksa afoute, il dirige des colloques avec les plus grands neurologues mondiaux, mon infection il s’en contrefiche, il a vu des centaines… Infection qui me tord de douleur depuis trois jours, au niveau de l’orifice entéral. Clics sur souris, prescriptions de médocs : voilà pourquoi je fais onze heures de ballottage à l’arrière du combi bruyant, me fade un hôtel pour arriver à l’heure. Il s’avère que j’ai AUSSI une Leucémie Myéloïde Chronique[3] (une LMC quoi !), maladie du sang. Pourquoi faire simple ? Ça sent le roussi ! Je sais pertinemment que la fin approche. Vivement que ce texte de loi sur l’Euta-nazi passe. Mais le texte de M.Falorni n’aura probablement pas le temps d’être examiné : manœuvre du LR. Ah les cons ! Décidément je vire à gauche, intellectuel de mes…

Donc deuxième hôpital pour voir un hématologue. Type super, motard vu son cuir “Triumph” suspendu. Sa bécane est superbe, je fais le lien en sortant. Prise de sang > labo. C’est plié. Montpellier nous presse de de retourner à Toulon, hôpital Saint-Anne, urgences. Transpire, mains et pieds coincés dans des positions inconfortables douloureuses. Douleurs au ventre et un mal de tête monstrueux. J’arrive también qué mal à faire abstraction de mon inconfort : c’est ça la SLA : tu subis, épicez-tout ! Re-étiquettes, Re-attente. On nous cale dans une chambre. N-ième prise de sang, trois prises de ”constantes” (température-tension-saturation-pouls…). A croire que chacun fait son bilan. Arte nous apprend que les papes d’avignon étaient d’abord des juifs, la vérité si je mens. Arte est la SEULE chaîne qui t’apprends toujours un truc. On tue quelques heures ainsi. Enfin le docteur arrive. Nath met pour la première fois un visage sur ce gars, responsable de mon bouton de ”Mickey”. Le verdict est plus que flou. Comme dit Mafam : médecine à deux vitesses. L’Héraultoise et la Varoise, incroyable ! On se gratte la tête, oui c’est infecté, non il n’y a pas de raison que… Mais alors, pourquoi…? On me retire les deux attaches restantes, une perfusion avec de l’antibiotique et c’est vu. Ni radiographie ou échographie voir l’intérieur, ni certitudes. On repart à la nuit tombée. Je suis exténué, gavé, et j’ai mal partout. A la maison, les services demandés aux garçons n’ont pas été faits, comme DAB. Je suis doublement gavé et me fais coucher djirect. Home sweet home avec mon fidèle Grisou, lui, c’est mon sauveur. Un mot pour remercier Mafam, seule à comprendre TOUT, seule à se fader le légume avec de plus en plus d’accessoires en valises, seule à ouvrir les portes lourdes montées à l’envers pour PMR (un comble!) les deux bras pris par mon lourd fauteuil, seule à conduire 500 bornes en deux jours, seule à parler pour moi, et la seule qui envoie 200 SMS par jour, dont trois utiles et pertinents. Mersim Abel. Je n’irai plus jamais à Montpellier. Moi non plus je n’ai paksa afoute. Kono. J’y ferai en distanciel[4], c’est la mode.

A tantôt.

[1] Patch : mot anglais pour pièce, morceau, rustine. Ici le terme réfère à l’enquête corse, film de 2004. Le protagoniste prononce ainsi ces aides nicotinés autocollants.

[2] Laurent Gerra sur les matinales de RTL.

[3] La leucémie myéloïde chronique (LMC) est une prolifération myéloïde monoclonale sans blocage de maturation prédominant sur la lignée granuleuse au niveau médullaire et splénique. Elle touche surtout l’adulte entre 30 et 50 ans et est favorisée par l’exposition au benzène et aux rayons ionisants. Merci la plomberie.

[4] Néologisme adjectif sorti de nullepart en vogue grâce à l’apens d’Amy. Merci Amy !

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