Coccinelle bicolore : Dimènche 12 Aout 2018

     Aujourd’hui j’ai la pigne.[1]Envie d’envoyer chier tout le monde. Ce que j’ai donc fait, avec Perth & Fraka. Mais j’assume. Mon corps m’abandonne, seul le cou bouge encore. Je peux donc potentiellement encore sucer des bites. C’est vrai non ? Vous voyez ce mouvement de cou ? Mieux votant rire, c’est nase la SLA. Mon copain ”tonton” est tombé pile sur la face, comme moi. Peuchère ! Lui n’a pas la chance d’avoir la passion des zordis, je me demande comment il ”tue le temps”. Et mon autre pote SLAman n’a toujours pas d’aide à domicile ni de moyens d’utiliser son mac… Bref, à comparer, je ne suis paza plaindre. Y’a aussi des SLAmen qui vivent dans des centres ”espécial SLA” avec les ascenseurs qui s’ouvrent sur un clin d’oeil. Comme dit ma soeur Sylviane : –Chacun sa merde ! Voilà une intro de jour de pigne

Et puisque j’ai les glandes, je vais vous compter l’histoire de Catherine Seclet. Cette personne s’est autoproclamée amie de notre famille. Elle m’a un jour demandé si j’aimerais jouer le rôle d’un SLAman dans un film. -Pourquoi pas ? lui fis-je comprendre. Puis elle m’expliqua que ça serait mon propre rôle dans l’histoire de mon bouquin. Je trouvais que, là, l’idée avait déjà moins de mérite. Catherine s’écouta parler, débordante de projets : importer des Tuk-Tuk d’Inde, tourner ce film, acheter une villa… Un an passe. Pas un seul mail, pas un coudfil. Nibe. Et vlati-pack il y a deux semaines, mademoiselle Seclet débarque chez nous à 19H45. Sans prévenir. Nath en plein boulot au téléphone, moi en train de me faire nourrir. Elle s’assoit et demande un verre d’eau à Nathalie, qui raccroche par politesse et s’exécute. Là le téléphone de Melle Seclet sonne. Elle prend l’appel et commence à s’installer dans une conversation. Nathalie n’ose rien dire et patiente. Là j’ai le sang qui bout ! (Et non pas le bout qui sent) Quelle audace ! Quel manque de politesse ! Je me mets à hurler tant bien que mal (ce n’est vraiment pas jojo à entendre) pour faire comprendre à Nath que je veux qu’elle parte ! J’ignore ce qu’elle lui a dit, mais elle a fini par déguerpir. J’étais furasc ! J’ai fini par démasquer ses intentions. Primo : manger à l’oeil, espérant notre hospitalité. Deuzio : S’accaparer mon histoire en prétendant écrire un scénario. Y’a pas IGNOMINIE là ? Catherine Seclet n’est pas scénariste, ni metteur-en-scène, ni notre amie, ni rien du tout. Elle est mythomane en plein. Je lui ai écrit SCUD à l’iOllie. Bon vent !

Pour rester dans la complainte, l’été me saoule. On a droit au sempiternel ”tohu-bohu” entre les Juilletiens et les Aoutistes. Chaque année je la ressortirai celle-là. Pauv’mecs coincés dans les bouchons ! Izavéka partir un autre jour, bande de bidochons ! Et la ”canicule” non ? Peut-on imaginer un mot plus laid ? Mon père pensait (jusqu’à peu) que c’était un acte sexuel entre deux chiens mâles ”homosexuels”. Pas con, puisque le mot vient de là. Nous v’là donc innondés de mises en garde ”canicule”, comme si on allait faire un procès à E. Macron pour ”non prévention”. Vu la quantité de maires qui démissionnent, on est en droit de se questionner. On y vient, à l’américanisation, on y vient. Aspro-peau, j’ai reçu de mon grand frère un superbe T-shirt qui annonce fièrement ”Trump 2020, make liberals cry again !”. Pour ça ils sont les plus forts ces amerlox ! Non pas que j’adhère à la politique de Trump, mais porter ce genre de ”vêtement” provocateur j’aime beaucoup. D’ailleurs, la plupart de mes chemises en T viennent des USA et ont une histoire particulière. On ne peut cabonder[2]avec la qualité de leurs T-shirts. Imagine un T-shirt marqué « MACRON 2022 Faisons pleurer les socialos à nouveau ! »  Personne ne l’achèterait ! On serait obligés de les faire à l’unité chez Vistaprint. Adieu remise pour arriver au prix annoncé ! Oui car, vous savez bien, le prix affiché est toujours pour une commande de minimum 5000 exemplaires. Tu te vois écouler 5000 ”MACRON 2012” ? –Allez les enfants, pas de chichis… vous en prenez dix chacun dans vos cartables ! Mais mon big-bother a aussi songé à me trouver des relaxants pas LEGO en France. Mille fois mieux que le traitement du Docteur No. (Mon neurochef, qui refuse de créditer tout dérivé à base de CDB et/ou THC). J’ai donc essayé un de ces chocolats. J’avais comme l’impression, vu l’emballage, que c’étaient des friandises ”pas pour des pédés”, voir débutants. En effet, j’ai été décalqué sur-place, et la fin du film, ébè je n’y ai rien compris ! J’ai dormi comme un loir (écrasé par une enclume), heureux, sans AUCUNE sorte de soucis ni douleur. Toutefois inéfficace sur les crampes. Enfin, ça c’est du chocolat ! Je sais maintenant la dose qui me convient : chose que je n’ai jamais su définir. Un coup tu tires un latte sur un pèt’ trop chargé, et tu gerbes ta race avant de finir transi et parano[3]; un coup tu fumes en te méfiant et l’herbe c’est de la paille (ou le chichon du pneu véritable[4]). Bref, les américains (de Californie, pas tous les états : 45% des états à ce jour)) ont bien raison : pourquoi se faire suer à préparer des joints et se niquer les poumons ? Vivement la dépénalisation en France, mais ce n’est pas pour Démuin-la-vieille[5]. A part cela, j’ai des potes qui m’ont ramené du rhum de Colombie. Ce pays est bien connu pour son rhum… j’y crains un alcool ”à la Georges”, clafi de glycol qui rend aveugle. Il manque plus que le ”gusanillo”[6]. Il faut croire que j’étais un être totalement dépravé avant ma patoloji, tout le monde me ramène de quoi me déchirer la gueule. C’est aussi ça avoir une SLA : t’as un bar hallucinant.

Du Coca Laan, jour heureux ce mècredi. Nos trois enfants sont réunis encore deux semaines, juskodépart de Claire. Non seulement elle a validé avec brio ses deux années de DUT Chimie par un stage chez CHANEL, mais elle part étudier au Canada. Petit bout de grande femme, papa fier. Vico lui, a soufflé ses treize balais hier. Il prend le pli de son frère et démonte tous ces jouets, particulièrement sa planche à roulettes dont les roulements sont tout-à-coup ”usés”. La dureté des roues ne convient pas non plus à cet expert ayant ”raïdé”[7]tous les skate-parcs aux alentours. Il les faut plus dures pour mieux ”slaïder”[8], -Tu comprends pap’s ? Et voui je m’appelle Pap’s. Bref, bricoleur, mais aussi très ouvert musicalement avec une connaissance de ce qui est bon et a traversé les générations. Rappellez-vous, c’est lui qui me questionnait sur Alice Cooper. C’est le petit dernier, il cumule les atouts. Toma, au contraire, a un goût de merde pour la musique, mais il a bien d’autres cartes dans sa manche. Ce matin donc, il s’est levé ozor-OR (c’est exceptionnel, veuillez noter) pour partir acheter sa première voiture. Exit deux-roues, adieu brelles. Toma a travaillé dur pour se payer son rêve : une Volkswagen. Une vraie, avec quatre cylindres à plat refroidis par air qui produisent cette sonorité caractéristique. Une voiture produite à 21 millions d’exemplaires (je vous épargne les centaines de milliers), vous y êtes ? Et oui, une vraie coccinelle ! Et splendide en plus, restaurée avec goût. Finies les rentrées sous la pluie sans pare-boues en bobber, Sir Thomas roule en Flat-4 avec toit ouvrant. Là également : papa fier comme un bar-tabac. Depuis notre escapade vers l’Allemagne il a mûri son rêve, appris par coeur tous les aspects techniques et historiques de la Cox, et voilà l’homme : ecce omo. Ça sent le moteur Porsche, je vous le dis moi ! Du coup[9], je me mets à la recherche d’un pont hydraulique d’occasion pour notre futur garage. Ah, j’vous ai pas dit ? Ebè, mon fiston et moi on ”ouvre” un garage. Les véhicules laids y seront interdits. Des courbes, des moteurs trop gros, sakonem ! Il faudra bien d’autres zouti, mais on n’est pas ”craignoss” en outillage et le pont reste le besoin premier. Action !

Pour finir ce bon mècredi, on s’est fait une virée au lac pour un picnic nocturne (pique-nique en françois véritable, c’est laid hein ?). Evidemment Toma a fait se retourner les têtes avec sa caisse collector, frimeur comme son con de père. On était une bonne trentaine de vieux potes du village. Sympa de sortir un peu de mon triangle de bermudas (chambre-terrasse-salon), et écouter les dernières actualités du cercle social. Il y avait comme un air d’habitude : nombre d’entre nous (mecs) passions chaque année une nuit sur cette plage, feu de camp, viandes, alcool et à fumer. Surtout pas de végétaux à vitamines. Un petit melon[10]faisait office de ”Cinq fruits et légumes par jour”, pour ceux qui en mangeaient. Il manquait donc Pitt, parti exiler sa tribu au Portugal. Les frangins Vassal -Georges & Thomas- se sont baignés simultanément, ce qui a créé un vent de panique au sein du groupe : le risque de tsunami balayant tout sur son passage[11]. Heureusement nous étions assis à trente mètres, l’eau est venue nous lécher les pieds. OUF ! Thomas, Sarah, Valou, Niko & Natt se relayent pour m’apporter clops, sangria, soubressade, tapenade, brandade, anchoïade, et tout ce qui présente une texture crémeuse et finit en… « ade ». Je me régale. J’abuse de tout, rien à cirer. Cette fois-ci je ne me fais pas mettre à l’eau. A la nuit tombée chacun.e y va de son explication sur les étoiles, les lampes s’allument pour retrouver la bouffe et les bouteilles de rosé pas encore vidées. Il faudrait faire une photo à cet instant précis : étalage maximal de l’humain et ses besoins. Un putain qué bordel ! Je suis heureux, c’est très beau un lac, la nuit (on dirait Bohringer…!). Super soirée à rire jusqu’aux fausses routes. Je m’en bats les coudes, strobon de rire avec des potes. Sakifo. Rire de tout, avec n’importe qui. Merci mes amis !

 Question musique, je vous propoz, une fois n’est pas costume, un standard de jazz interprété par des centaines d’artistes. Je vous parle des années cinquante où de nombreux musiciens cubains émigraient au Zu et ça. Parmi les plus connus, voilà donc un conguero maître du rumba quinto : Ramon ”Mongo” Santamaria. Avec un patronyme pareil, on se doute que le gonze ne descend pas des Vikings. Lui et ses comparses ont pavé le chemin pour l’ère Boogaloo et ils ont été les pionniers de la fusion des rythmes afro-cubains avec le R’n’B et la Soul. Le arénnbi ce n’est pas ce que vous regardez à la télé dans ”the Voice” ou d’autres merdes du genre. On n’a pas attendu un pseudo ”jury” ou la télévision pour savoir faire de la musique. Le arènnbi c’est le Rythm & Blues. Santamaria joua avec Perez Prado, Tito Puente, Cal Tjader (juste ça…), Fania All Stars, Jean Passe et Demäyör. Il composa puis enregistra Afro Blue (on y vient !) avec le sextet de Cal Tjader. John Coltrane s’empara du titre et en fit une des versions les plus connues. Il ajouta des accords considérant l’harmonie un peu terne, « à la » Coltrane quoi. Afro Blue est intéressant pour sa structure rythmique atypique. La basse démarre en mesures hémiola (soit 12/8), alors que les percussions ”tournent” en quatre quarts. La clave jouée aux balais retourne toute ”logique” du métronome. Pour les amateurs.trices, on retrouve ce ”plan” dans Succotash de Herbie Hancock[12]. Duquel Santamaria interprète avec brio le fameux Watermelon ManNO tas benné ! Il est aisé de se perdre en conjectures dans la recherche de musiques. C’est un peu comme découvrir QUI a composé un titre, et puis s’apercevoir qu’on n’y connaît rien, tant le titre est repris par des géants incontournables. Puis se perdre dans les méandres discographiques. Voilà une de mes activités favorites ! Pour revenir à Afro Blue, Oscar Brown Jr., chanteur célèbre noir americain, a ajouté des paroles et chanté ce titre en 1960. L’histoire est un rêve devenant réalité de deux jeunes amoureux qui s’bécottent sur les bancs publics. L’addition de paroles ouvre une avenue aux interprétations de tous horizons. La dernière en date qui revient fréquemment sur les platines de FIP est la version de Melanie de Basio, extrait de son super balbom Lilies sorti fin 2017. Ecoutez aussi, d’elle, l’excellent Your freedom is the end of me (jador ce titre), plutôt ”lounge” pour les afteurs de soirées technival où vous avez avalés ces eksta bidons censés décalquer. Pas vous ? Ah bon. On retiendra bien sûr la version de notre Michel Petrucciani national, ainsi que celle de John Patitucci qui te sort un orchestre cubain entier de sa basse. Donc, écoutez Afro Blue de Santamaria, l’original, le seul, l’authentique. Je vous le mets à l’intérieur du mange-disque sur le site.

A tantôt.

 

 

Noote benen (prikkebeen) :

J’ai rajouté une page « Linx » (links>liens).

Si vous voulez une pub pour votre site, je serai ravi de vous promouvoir. La page va s’embellir, le tank j’apprenne les rouages…

 

 

 

 

 


[1]Avoir la pigne : être en colère. Prendre la pigne, prendre des pignes, s’emporter, sortir de ses gonds. Avoir la pigne a également le sens d’être balourd, d’avoir l’esprit épais : aquèu a la pigne !

[2]Cabonder : Verbe du premier groupe qui ne se conjugue qu’à l’infinitif. Signifie ”douter de”, ”hésiter”, ”craindre”. Dans cette même catégorie de verbes on trouve également boirleter rendu célèbre par J.M. Bigard. -Tous ces estivants qui viennent boirleter, sont-ils vraiment des amis ?

[3]Souvenirs d’ados, on a tous connu ça. Pas vous ? Dommage. Je n’oublierai JAMAIS la tronche de ”Beb” qui a viré au vert lors d’une soirée. Notre Christophe V. était devenu vert fluorescent !

[4]Ça nous est arrivé ! Faut être CON quand même !

[5]Démuin : commune de la Somme. À environ 20 km au sud-est d’Amiens par la route, le village peut se rejoindre par l’axe Amiens – Noyon, l’ex-RN 334 (actuelle RD 934) ou par l’autoroute A291.

[6]« Gusa… gusa… gusanillo… Plus tu me ronges, plus tu me fais du bien…” :  El gusanillo par Regg’lyss (2e album eponyme, 1995)

[7]De to ride en anglais. Les sports de glisse s’accompagnent obligatoirement d’un vocabulaire ridicule inspiré de termes anglo-saxons. On ne dit pas ”rouler”, on dit ”rider” [raïdéé]. C’est ainsi. Revoyez Brice de Nice, vous verrez.

[8]De to slide : glisser. Technique qui permet au rouléto-plancheur.se de freiner en mettant la planche perpendiculaire à la trajectoire. Il faut acquérir un certain niveau avant de se lancer dans cette figure, et s’être farci de nombreuses chutes…

[9]Du coup :  Locution signifiant : de ce fait, à la suite de quoi, en conséquence de quoi, permettant de créer un lien de causalité entre deux événements. C’est ce qui s’appelle une expression coup-de-poing. Avec elle, toutes les conjonctions adverbiales et locutions sont tombées. Assommées. « Du coup » s’est littéralement imposé. Partout. Depuis quelques années, l’expression se propage comme un virus, appauvrissant considérablement le champ sémantique du langage oral. Prêtez-y l’oreille, on en met atorz & à travers. Mon père s’amuse à les compter chez ses p’tits zanfans. Il est consterné.

[10]Melon Bago. De Côte d’ivoire.

[11]Les deux lascars ont pris de l’embonpoint, et ce n’est rien de le dire… Notez qu’il n’y a pas de M devant le P dans le mot embonpoint. Balek ? Pas moi.

[12]Herbie ”Ennbi” pour les aficionados de locations saisonnières (à déclarer au fisc, LOL).

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